Philip K. Dick

Nouvelles - Tome 2 - 1953 - 1981 - Philip K. dick

Après l’expérience poignante du roman Substance Mort, j'ai décidé de continuer à découvrir son auteur : Philip K. Dick. Tous ses romans m'attirent ( à part peut-être l'invasion divine) mais c'est finalement sur son recueil de nouvelles que j'ai jeté mon dévolu. Le tome 1 étant en rupture de stock et demeurant relativement dur à trouver, c'est finalement avec ce deuxième volume des Nouvelles- 1954 / 1981 dans la très belle édition Lune d'Encre - Denoël que je commence mon immersion dans cette univers si particulier.

RécenteAncienne

Comme je lis lentement et que je rédige encore plus lentement, je me suis fixer l'objectif de lire au moins une ou deux nouvelles par semaine pour tenter de finir cette ouvrage avant 2013. J'ai également choisi un format court pour retranscrire mes impressions de lecture. Pour ce qui est du billet, je le remonterai toutes les 10 nouvelles ( bref ! de temps en temps ) pour être présent dans le flux, si cela ne dérange pas. Le but va être ici de présenter en un mot le contexte ( plus que l'histoire ) et un ou deux points m'ayant marqués sans pour autant dévoiler l'intrigue.

#1 - Foster, vous êtes mort ! - 25p

Apprendre à survivre à une possible guerre nucléaire est la chose la plus importante au monde, heureusement, l’abri atomique est devenu un produit de consommation à la mode. Ne pas en avoir revient à se targuer d'être différent, voir même d'être à la limite du gros con de réac un peu bobo sur les bords. On suit Mike Foster un gamin qui a grandit dans cette société et dont le père refuse de prendre un abris. Problématique plus américaine que franchouillarde, l'armement personnel, la capacité de se défendre, n'est pas (encore) un besoin chez nous, mais par contre oui, on est très vite touché par ce besoin oppressant de rentrer dans la norme dictée par les médias.

#2 - Copies non conformes - 21p

Finalement le déluge de bombe H a bien eu lieu et la terre a été dévasté par ces cataclysmes sans précédent. La survie de la race humaine n'a de dû qu'à l'apparition d'une race d'extraterrestre : les Biltong. Il possède le pouvoir de dupliquer tous les objets du quotidien que ce soient les voitures, l'essence, les montres et même la nourriture. Mais au fil du temps et de la fatigue de ces biens faiseurs, les copies deviennent de plus en plus mauvaises, se dégradant jusqu'à en devenir inutilisables et se retransformer en poussière. On va suivre Allen Fergesson dans sa Buick 77 venu apporter de l'aide à une ville en plein désespoirs avec la mort imminente de son Biltong... On aime l'ambiance post-apo mis en place et la réalité du comportement de l'espèce humaine devant sa chute. Le fait d'enchainer sur la nouvelle d'avant fait également sourire.

J'aime le commencement de cette lecture, cela n’inaugure que du bon. On rentre dans bain dès les premières lignes des nouvelles, on comprend de suite les attentes des personnages, on remarque la spécificité du monde crée. C'est dynamiques, drôles, dramatiques, pessimistes, cynique, touchant... Philip K. Dick accentue une faiblesse de notre société et crée une histoire à partir de là. Brillant. On reste un peu gêné de rire du malheur des autres, mais ça fait tellement du bien.

Je pense adopter un format de cette taille, n'hésitez pas à me faire remarquer si j'en dis trop que je puisse corriger le tir pour les prochaines versions.

- Tout le monde doit savoir creuser ", répondit Mrs Cummings d'un ton patient.
Çà et là des enfants s'étaient mis à ricaner ; elle les fit taire d'un regard noir.
" Vous connaissez tous l'importance du terrassement. Quand la guerre sera là,
toute la surface sera jonchée de gravats et autres débris.
(p 18 - #1 - Foster, vous êtes mort!)
planet: 

Substance Mort - Philip K. Dick

On aime se croire un peu particulier, mais lorsqu'on commence à lire Substance Mort et qu'on se retrouve lâcher sans avertissement et sans guide dans le quotidien de ce petit groupe de toxicommanes totalement timbrés et allumés, on se trouve finalement bien normale, à la limite même du banal. On apprend vite à ne pas croire tout ce qui nous est raconté, car le narrateur lui-même divague, hallucine et psychote en enquillant des doses de cheval de cette nouvelles drogues aux effets dévastateurs qui fait un malheur chez les camés, la Substance Mort.

Rien que la première scène met tout de suite dans l'ambiance avec Jerry complètement cramé qui se croit envahit de toute part par une espèce de poux, les aphides. Tout en essayant de les éradiqués, il ne fait qu'empirer la situation en infectant son chien et toutes les personnes qui le côtoient... Mais bon, nulle autre personne que lui ne semble pouvoir les observer...

" Je ne vois pas d'aphides, dit Charles. Qu'est-ce que c'est qu'un aphides ?
- Ça te tue à la longue. Voilà ce que c'est un aphide.
J'en ai plein les cheveux, la peau, les poumons, et ça me fait mal à en crever - va falloir que j'aille à l'hosto.
Jerry (page 10)
FolioSFPrésence du Futur

Après cette entrée fracassante dans ce monde de la drogue, on croit, on espère se sortir de cette torpeur en suivant alors le personnage, héros malgré lui de ce roman : Fred. Fred travail au stup dans son complet brouillé, sorte de combinaison le camouflant en lui donnant l'aspect d'une multitude changeante de personnages. Il a infiltré cette fine équipe dans son costume en tant que Fred mais c'est aussi en tant que Bob Arctor, camé à la petite semaine avec une baraque, à la limité du squat qu'il les fréquente en tant qu'amis. Le tout va vraiment partir en couille quand il va devoir enquêté en tant que Fred sur Bob, suspecté d'être une grosse ponte du coin. Les deux vont se perdre et ce n'est pas ses colloques Charles Freck, Luckman et Jim Barris également atteint et dépend de la Substance Mort où sa copine Donna Hawthorne, dealeuse choc, qui vont réussir à démêler ses réalités.

Substance Mort est un livre entier. C'est avec autant d'amour, d'attachement, d’effroi et de cynisme qu'on va successivement rêver, espérer, pleurer et rigoler devant le dénouement de l'histoire qui nous est contée. Quand en plus on apprend que le livre n'est pas simplement une fiction mais également un hommage sensible aux amis de Philip K. Dick transpirant de leur vie et de leur mort dans tout le récit. Substance Mort est un livre passionnant et poignant tout en restant accessible et non dénué d'humour. De loin, de très loin, ma meilleur expérience Dickienne.

Peut-être qu'Ils en parlent : Cachou, Chemins de Khatovar et Efelle.

BARRIS : Ces noirs ont dû trafiquer le vélo, le démonter sans disposer des outils nécessaires,
et quand ils l'ont remonté, ils ont laissé trois vitesses par terre.
(Scène mythique où l'on parle d'un vélo à vitesses - page 172)
Présence du FuturPrésence du FuturPrésence du Futur
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