On aime se croire un peu particulier, mais lorsqu'on commence à lire Substance Mort et qu'on se retrouve lâcher sans avertissement et sans guide dans le quotidien de ce petit groupe de toxicommanes totalement timbrés et allumés, on se trouve finalement bien normale, à la limite même du banal. On apprend vite à ne pas croire tout ce qui nous est raconté, car le narrateur lui-même divague, hallucine et psychote en enquillant des doses de cheval de cette nouvelles drogues aux effets dévastateurs qui fait un malheur chez les camés, la Substance Mort.
Rien que la première scène met tout de suite dans l'ambiance avec Jerry complètement cramé qui se croit envahit de toute part par une espèce de poux, les aphides. Tout en essayant de les éradiqués, il ne fait qu'empirer la situation en infectant son chien et toutes les personnes qui le côtoient... Mais bon, nulle autre personne que lui ne semble pouvoir les observer...
" Je ne vois pas d'aphides, dit Charles. Qu'est-ce que c'est qu'un aphides ?
- Ça te tue à la longue. Voilà ce que c'est un aphide.
J'en ai plein les cheveux, la peau, les poumons, et ça me fait mal à en crever - va falloir que j'aille à l'hosto.
Jerry (page 10)
Après cette entrée fracassante dans ce monde de la drogue, on croit, on espère se sortir de cette torpeur en suivant alors le personnage, héros malgré lui de ce roman : Fred. Fred travail au stup dans son complet brouillé, sorte de combinaison le camouflant en lui donnant l'aspect d'une multitude changeante de personnages. Il a infiltré cette fine équipe dans son costume en tant que Fred mais c'est aussi en tant que Bob Arctor, camé à la petite semaine avec une baraque, à la limité du squat qu'il les fréquente en tant qu'amis. Le tout va vraiment partir en couille quand il va devoir enquêté en tant que Fred sur Bob, suspecté d'être une grosse ponte du coin. Les deux vont se perdre et ce n'est pas ses colloques Charles Freck, Luckman et Jim Barris également atteint et dépend de la Substance Mort où sa copine Donna Hawthorne, dealeuse choc, qui vont réussir à démêler ses réalités.
Substance Mort est un livre entier. C'est avec autant d'amour, d'attachement, d’effroi et de cynisme qu'on va successivement rêver, espérer, pleurer et rigoler devant le dénouement de l'histoire qui nous est contée. Quand en plus on apprend que le livre n'est pas simplement une fiction mais également un hommage sensible aux amis de Philip K. Dick transpirant de leur vie et de leur mort dans tout le récit. Substance Mort est un livre passionnant et poignant tout en restant accessible et non dénué d'humour. De loin, de très loin, ma meilleur expérience Dickienne.
BARRIS : Ces noirs ont dû trafiquer le vélo, le démonter sans disposer des outils nécessaires,
et quand ils l'ont remonté, ils ont laissé trois vitesses par terre.
(Scène mythique où l'on parle d'un vélo à vitesses - page 172)