Janua Vera - Jean-Philippe Jaworski
Entre le Trône de Fer et le Hobbit, la fantasy est entrain de se tailler une belle part dans le gâteau déjà pas très copieux du paysage de la science-fiction. Étant un bon mouton, je saute sur l'occasion pour vous parler du recueil Janua Vera de Jean-Philippe Jaworski. Une fois n'est pas coutume, il convient ici de commencer par s'attarder sur l'édition : La bibliothèque voltaïque par les moutons électriques. Le recueil étant composé de Juana Vera, Montefellone, Mauvaise donne, Le service des dames, Une offrande très précieuse, Le conte de Suzelle, Jour de guigne, Un amour dévorant, Comment Blandin fut perdu, le confident ainsi qu'un Avertissement au Lecteur par Benvenuto et des Annexes assez riches.
Don Benvenuto Gesufal - Avertissement au Lecteur
Pour faire dans l'original, je vais parler brièvement de ces dix nouvelles séparément. J'ai réussi à écrire ce billet relativement longtemps après avoir lu (4 mois) d'une part car le livre ma plu et marqué mais également car il a été le livre du mois au cercle d'atuan il y a plus de deux ans. Pour situer le contexte global, on suit des histoires se déroulant dans Le vieux royaume. On parcours un monde féodale à travers des âges, des régions et des personnages différents.


#1 - Janua Vera - an 29 du comput royal
Janua Vera nous fait rentré de plein pied dans cette univers qui n'aura dès lors ne nous quittera qu'une fois le livre refermé. On se retrouve sur un chemin à la fois proche de la folie et du mysticisme. On s'attache au roi Leodegar le Resplendissant, Roi-Dieu de Leomance grandement tourmenté par des rêves.
Le premier point qui interpelle dans se recueil est l'écriture vraiment très fluide et agréable. On s'immerge vite dans se monde qu'on apprend à connaître avec l'aide du narrateur particulièrement impliqué dans le processus de compréhension.
#2 - Montefellone - an 781 du comput royal
Montefellone nous emmène au cœur des batailles et des stratégies de sièges et d'alliance. On suit le choix cornélien de partir à la rencontre du roi le plus rapidement pour lui prêter mains forte ou bien de continuer le siège de la ville de Montefellone pour permettre au roi s'il s'en sort d'avoir une place stratégique intéressante.
On retrouve un peu ce qui fait le charme du Trône de Fer, tout en étant encore plus au cœur des combats.
#3 - Mauvaise donne - an 999 du comput royal
On déserte un peu le côté chevaleresque avec Mauvaise donne pour se retrouver du côté des magouilles avec une sale ambiance italienne. Bonne pioche, j'avais fait coïncidé cette lecture avec ma semaine pour le boulot à Padoue en Italie vers Venise. Autant dire que j'ai été traversé par ses petites ruelles, ses notions de podestat et autre. Mauvaise donne signe notre première rencontre avec Don Benvenuto Gesufal, petite crapule qui joue avec le lecteur autant qu'avec ses interlocuteur. J'attends impatiemment le moment ou tu te feras attraper.
L'histoire nous emmène au cœur du meurtre avec la découverte de la guilde des Chuchoteurs qui est une confrérie d'assassins. C'est vif, intelligent, noir, prenant. Il n'y a rien à jeter. On ne peut avoir qu'une seule envie : lire Gagner la guerre.
#4 - Le service des dames - an 999 du comput royal
Dans Le sercice des dames, on suit le voyage de trois cavaliers qui veulent se rendre de l'autre côté du royaume et qui ont besoin de traverser un pont. Tout aurait été simple si les coutumes locales ne leur interdisaient pas la traversé. Alors pour éviter de se taper un détour, ils de rendre un petit service à la dame des lieux pour qu'elle leur accorde le droit de passage. Dès le départ de la nouvelle, on sent comme une odeur de fiente. On sait que ça pue, mais on ne sait pas encore d'où.
Un nouvelle là encore bien intelligente, personnellement, je n'avais pas vu l'intrigue venir de cette manière.
- Pourquoi donc ? s'étonna AEdan. Nous n'avons perdu qu'une journée, au lieu de quatre. >>
#5- Une offrande très précieuse - an 999 du comput royal
Une offrande est la première nouvelle et la seule où je ne suis pas certain d'avoir tout bité. On suit deux baroudeurs Cecht et Dugham en lutte pour leur vie après une mêlée qui a tournée au vinaigre. Mais leur échappatoire ne se trouve pas forcément ou on le pense. On s'attache très vite à Cecht qui est l'archétype de la brute épaisse et qui se sait sans trop de cervelle. Cela en est touchant.
#6 - Le conte de Suzelle - 10e siècle du comput royal
Le conte de Suzelle est sans contexte la nouvelle la plus triste de ce recueil. On suit l'histoire d'une jeune fille qui déborde de vie, de joie et de maladresse. Un jour, un individu va bouleverser sa vie. C'est également notre première rencontre avec un elfe.
#7 - Jour de guigne - an 999 du comput royal
Bien vu, Jour de guigne est une nouvelle rafraîchissante. On en avait bien besoin après la précédente... Dans cette nouvelle, on suit simplement l'histoire d'un mec comme les autres dans un jour de poisse crasse. Il a tellement al guigne que s'en est loufoque par moment. Personnellement, j'ai été là encore berner par l'auteur et je n'ai jamais imaginé la bonne suite pour les événements. Parait-il que ça ressemble à du Pratchett ? Si c'est le cas, ça donne envie d'en lire.
#8 - Un amour dévorant - 10e siècle du comput royal
L'action d'Un amour dévorant se situe à Noant-le-Vieux, petit village de campagne, théâtre évènements surnaturelles faisant intervenir deux appeleurs. On va suivre le personnage de Phasma, prêtre des Desséché, le Dieu de la Morte Saison et des défunts qui enquêtera dans le village pour comprendre le phénomène. On suit la nouvelle de la même manière qu'une enquête policière avec l'intérrogation des nombreux villageois sur les appeleurs. On note quand même une notion spécial pour l'histoire du sourd et à la fin qui une fois de me plus ma laissé pantois.
#9 - Comment Blandin fut perdu - an 999 du comput royal
Comment Blandin du perdu est la nouvelle qui m'a le moins transporté, elle reste bonne pour autant. ;) On s'immisce dans la vie d'un peintre errant qui après un travail effectué au monastère de Havreval se voit confier un jeune apprenti au talent inouïe... mais avec un défaut très gênant, il est incapable de peindre un autre visage que celui de la fille de ses rêves.
#10 - Le confident - 10e siècle du comput royal
Le confident clôture le recueil en beauté. On ferme la nouvelle en même temps que le livre. Elle se révèle vraiment anxiogène. On a presque envie de mettre le livre au dessous d'une bougie pour mieux y voir et on se prend à lire la nouvelle en chuchotant. Pour autant, on a vraiment envie d'en savoir plus sur ce culte du Desséché.
Y a-t-il vraiment besoin d'en dire plus pour conclure ? Non, j'ai simplement été conquis. Tout m'a plu dans ce bouquin, c'est à la fois intelligent et bien écrit. On tombe sur des mystères, on a envie d'en savoir plus. On tombe sur des personnages qui nous charment. J'ai du coup, une folle envie de me lancer dans Gagner la guerre. J'avoue avoir un peu peur du côté fantasy avec les elfes, mais le côté un poil fantastique me laisse rêveur.

10 commentaires
Ca c'est du tout bon !
Ca c'est du tout bon !
"Gagner la guerre" est tout aussi passionnant et on sent bien que l'auteur prend le plus grand soin de construire un monde cohérent : dans "Gagner la guerre", il y a plein de petites allusions ici ou là à différentes nouvelles de ce recueil.
Pour les elfes, c'est vrai que ça fait un peu bizarre, mais ils sont bien plus intéressants que des elfes "lambdas". Tu les reverras dans "Gagner la guerre". Et puis il y a des nains aussi, donc ça équilibre... ;)
Si c'est comme la magie dans
Si c'est comme la magie dans le Trône de Fer, ça ira...
Quoi des nains ? On nous l'a enlevé du pouvoir, c'est pas pour l'avoir dans un bouquin. ;)
Dans la PAL !
Je l'ai acheté récemment (dans l'édition plus complète des Moutons Electriques) et j'ai hâte de l'aborder, ainsi que "Gagner la Guerre" qui va ressortir l'été prochain en édition revue et augmentée...
C'est vrai que l'édition des
C'est vrai que l'édition des moutons est bien sympa (c'est celle que j'ai également) mais par contre, je ne suis vraiment pas pour cette démarche de sortir plusieurs fois le même livre avec un peu de contenus différents.
Question de prudence
J'ai eu l'occasion de discuter avec l'éditeur, qui m'a expliqué que les moutons tournent habituellement autour de 1000 exemplaires pour un titre, vu que c'est une toute petite maison d'édition. Donc quand des bouquins comme Janua Vera ou Gagner la guerre marchent du tonnerre (je crois qu'ils en sont à 5000 exemplaires pour Gagner la guerre), ils doivent refaire des tirages, ce qui leur coûte beaucoup plus cher que de faire un seul gros tirage. Donc ils en profitent pour l'enrichir, histoire que l'argent investi ait un sens sur le plan éditorial.
Merci de cette précision. J
Merci de cette précision. J'avoue qu'on comprend mieux le pourquoi de la chose.
5000, c'est pas énorme, rien que moi, j'en ai acheté deux : un pour moi et un pour mon frère.
Mais bon, maintenant, c'est vrai qu'ils sont aussi disponibles au format poche.
Un grand auteur, j'attends
Un grand auteur, j'attends son prochain roman avec impatience !
Si tu peux signaler tes chroniques sous le billet de lancement du challenge, ça me ferait bien plaisir :D
Et sinon tu peux choisir une nouvelle ActuSF numérique à 0.99€ sur leur catalogue, tu m'envoies ton choix par mail !
Oups ! Désolé, je suis un peu
Oups ! Désolé, je suis un peu distrait. J'essayerai de te signaler ça pour le prochain article.
Je te réponds au plus vite. Il y en a une de circonstance.
J'ai également bien hâte de voir ce que son prochain roman va donner.
Fonce
Gagner la guerre te tend les bras ! Tu ne sera pas déçu.
C'est le prochain pavasse que
C'est le prochain pavasse que j'attaque. (normalement).
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