Janua Vera - Jean-Philippe Jaworski

13 July 2014

Écrire, c’est se coller dans des situations fausses. C’est même carrément se mettre dans le pétrin. - Don Benvenuto Gesufal - Avertissement au Lecteur

Pour faire dans l’original, je vais parler brièvement des dix nouvelles séparément. Pour situer le contexte global, on suit des histoires se déroulant dans Le vieux royaume. On parcours un monde féodale à travers des âges, des régions et des personnages différents.

broché poche

Janua Vera - an 29 du comput royal

Janua Vera nous fait rentré de plein pied dans cette univers qui n’aura dès lors ne nous quittera qu’une fois le livre refermé. On se retrouve sur un chemin à la fois proche de la folie et du mysticisme. On s’attache au roi Leodegar le Resplendissant, Roi-Dieu de Leomance grandement tourmenté par des rêves.

Le premier point qui interpelle dans se recueil est l’écriture vraiment très fluide et agréable. On s’immerge vite dans ce monde qu’on découvre avec l’aide du narrateur particulièrement impliqué dans le processus de compréhension.

Montefellone - an 781 du comput royal

Montefellone nous emmène au cœur des batailles et des stratégies de sièges et d’alliance. On suit le choix cornélien de partir à la rencontre du roi le plus rapidement pour lui prêter mains forte ou bien de continuer le siège de la ville de Montefellone pour permettre au roi s’il s’en sort d’avoir une place stratégique intéressante.

On retrouve un peu ce qui fait le charme du Trône de Fer, tout en étant encore plus au cœur des combats.

Mauvaise donne - an 999 du comput royal

On déserte un peu le côté chevaleresque avec Mauvaise donne pour se retrouver du côté des magouilles avec une sale ambiance italienne. Bonne pioche, j’avais fait coïncidé cette lecture avec ma semaine pour le boulot à Padoue en Italie vers Venise. Autant dire que j’ai été traversé par ses petites ruelles, ses notions de podestat et autre. Mauvaise donne signe notre première rencontre avec Don Benvenuto Gesufal, petite crapule qui joue avec le lecteur autant qu’avec ses interlocuteur. J’attends impatiemment le moment ou tu te feras attraper.

L’histoire nous emmène au cœur du meurtre avec la découverte de la guilde des Chuchoteurs qui est une confrérie d’assassins. C’est vif, intelligent, noir, prenant. Il n’y a rien à jeter. On ne peut avoir qu’une seule envie : lire Gagner la guerre.

Je souhaiterai obtenir un entretien avec sa seigneurie. Elle me connait : j’ai déjà eu l’honneur de la daguer.

Le service des dames - an 999 du comput royal

Dans Le sercice des dames, on suit le voyage de trois cavaliers qui veulent se rendre de l’autre côté du royaume et qui ont besoin de traverser un pont. Tout aurait été simple si les coutumes locales ne leur interdisaient pas la traversé. Alors pour éviter de se taper un détour, ils vont rendre un petit service à la dame des lieux pour qu’elle leur accorde le droit de passage. Dès le départ de la nouvelle, on sent comme une odeur de fiente, on sait que ça pue, mais on ne sait pas encore d’où ça vient.

Un nouvelle là encore bien intelligente, personnellement, je n’avais pas vu l’intrigue venir de cette manière.

Je le savais bien, grommela la voix de vieux Naimes. Nous aurions mieux fait de passer par Carroel.

  • Pourquoi donc ? s’étonna AEdan. Nous n’avons perdu qu’une journée, au lieu de quatre. »

Une offrande très précieuse - an 999 du comput royal

Une offrande est la première nouvelle et la seule où je ne suis pas certain d’avoir tout bité. On suit deux baroudeurs Cecht et Dugham en lutte pour leur vie après une mêlée qui a tournée au vinaigre. Mais leur échappatoire ne se trouve pas forcément où on le pense. On s’attache très vite à Cecht qui est l’archétype de la brute épaisse et qui se sait sans trop de cervelle. Cela en est touchant.

Le conte de Suzelle - 10e siècle du comput royal

Le conte de Suzelle est sans contexte la nouvelle la plus triste de ce recueil. On suit l’histoire d’une jeune fille qui déborde de vie, de joie et de maladresse. Un jour, un individu va bouleverser sa vie : un elfe.

Jour de guigne - an 999 du comput royal

Bien vu, Jour de guigne est une nouvelle rafraîchissante. On en avait bien besoin… Dans cette nouvelle, on suit simplement l’histoire d’un mec comme les autres dans un jour de poisse crasse. Il a tellement la guigne que ça en devient loufoque. Personnellement, j’ai été là encore berné par l’auteur et je n’ai jamais imaginé la bonne suite pour les événements. Parait-il que ça ressemble à du Pratchett ? Si c’est le cas, ça donne envie d’en lire.

Un amour dévorant - 10e siècle du comput royal

L’action d’Un amour dévorant se situe à Noant-le-Vieux, petit village de campagne, théâtre évènements surnaturelles faisant intervenir deux appeleurs. On va suivre le personnage de Phasma, prêtre des Desséché, le Dieu de la Morte Saison et des défunts qui enquêtera dans le village pour comprendre le phénomène. On suit la nouvelle de la même manière qu’une enquête policière avec l’intérrogation des nombreux villageois sur les appeleurs. On note quand même une notion spécial pour l’histoire du sourd et pour la fin qui une fois de me plus m’a laissé pantois.

Comment Blandin fut perdu - an 999 du comput royal

Comment Blandin du perdu est la nouvelle qui m’a le moins transporté, elle reste bonne pour autant. On s’immisce dans la vie d’un peintre errant qui après un travail effectué au monastère de Havreval se voit confier un jeune apprenti au talent inouïe… mais avec un défaut très gênant, il est incapable de peindre un autre visage que celui de la fille de ses rêves.

Le confident - 10e siècle du comput royal

Le confident clôture le recueil en beauté. On ferme la nouvelle en même temps que le livre. Elle se révèle vraiment anxiogène. On a presque envie de mettre le livre au dessous d’une bougie pour mieux y voir et on se prend à lire la nouvelle en chuchotant. Pour autant, on a vraiment envie d’en savoir plus sur ce culte du Desséché.

Quand je suis arrivé ici, la solitude a failli détruire mon âme.

Y a-t-il vraiment besoin d’en dire plus pour conclure ? Non, j’ai simplement été conquis. Tout m’a plu dans ce bouquin, c’est à la fois intelligent et bien écrit. On tombe sur des mystères, on a envie d’en savoir plus. On tombe sur des personnages qui nous charment. J’ai du coup, une folle envie de me lancer dans Gagner la guerre. J’avoue avoir un peu peur du côté fantasy avec les elfes, mais le côté fantastique me laisse rêveur.

Rentre dans le chalenge : Je lis des nouvelles et des novellas.

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