Aujourd'hui, je copie Anudar et ses vidéos sf du mois avec un des clips les plus burnés des Beasties Boys en hommage au feu Adam Yauch - MCA décédé le 4 mai 2012.
On aime se croire un peu particulier, mais lorsqu'on commence à lire Substance Mort et qu'on se retrouve lâcher sans avertissement et sans guide dans le quotidien de ce petit groupe de toxicommanes totalement timbrés et allumés, on se trouve finalement bien normale, à la limite même du banal. On apprend vite à ne pas croire tout ce qui nous est raconté, car le narrateur lui-même divague, hallucine et psychote en enquillant des doses de cheval de cette nouvelles drogues aux effets dévastateurs qui fait un malheur chez les camés, la Substance Mort.
Rien que la première scène met tout de suite dans l'ambiance avec Jerry complètement cramé qui se croit envahit de toute part par une espèce de poux, les aphides. Tout en essayant de les éradiqués, il ne fait qu'empirer la situation en infectant son chien et toutes les personnes qui le côtoient... Mais bon, nulle autre personne que lui ne semble pouvoir les observer...
" Je ne vois pas d'aphides, dit Charles. Qu'est-ce que c'est qu'un aphides ?
- Ça te tue à la longue. Voilà ce que c'est un aphide.
J'en ai plein les cheveux, la peau, les poumons, et ça me fait mal à en crever - va falloir que j'aille à l'hosto.
Jerry (page 10)
Après cette entrée fracassante dans ce monde de la drogue, on croit, on espère se sortir de cette torpeur en suivant alors le personnage, héros malgré lui de ce roman : Fred. Fred travail au stup dans son complet brouillé, sorte de combinaison le camouflant en lui donnant l'aspect d'une multitude changeante de personnages. Il a infiltré cette fine équipe dans son costume en tant que Fred mais c'est aussi en tant que Bob Arctor, camé à la petite semaine avec une baraque, à la limité du squat qu'il les fréquente en tant qu'amis. Le tout va vraiment partir en couille quand il va devoir enquêté en tant que Fred sur Bob, suspecté d'être une grosse ponte du coin. Les deux vont se perdre et ce n'est pas ses colloques Charles Freck, Luckman et Jim Barris également atteint et dépend de la Substance Mort où sa copine Donna Hawthorne, dealeuse choc, qui vont réussir à démêler ses réalités.
Substance Mort est un livre entier. C'est avec autant d'amour, d'attachement, d’effroi et de cynisme qu'on va successivement rêver, espérer, pleurer et rigoler devant le dénouement de l'histoire qui nous est contée. Quand en plus on apprend que le livre n'est pas simplement une fiction mais également un hommage sensible aux amis de Philip K. Dick transpirant de leur vie et de leur mort dans tout le récit. Substance Mort est un livre passionnant et poignant tout en restant accessible et non dénué d'humour. De loin, de très loin, ma meilleur expérience Dickienne.
BARRIS : Ces noirs ont dû trafiquer le vélo, le démonter sans disposer des outils nécessaires,
et quand ils l'ont remonté, ils ont laissé trois vitesses par terre.
(Scène mythique où l'on parle d'un vélo à vitesses - page 172)
Dans les temps reculés où l'on mettait en croix Jésus de Nazareth,
le volcryn se trouvait dans la Voie Lactée, à moins d'une année-lumière de la Terre.
Mais quand, sur Terre, se déclenchèrent les Nouvelles Guerres du feu,
le Volcryn faisait déjà route vers Poséidon et ses mers mortes.
En mars, avril, j'ai connu ma première panne de lecture depuis que je me suis remis à lire et comme pour un autre type de panne, on m'a recommandé quelque chose commençant par un V, Le Volcryn. Le Volcryn est une novella, un croisement un peu bâtard entre la nouvelle et le roman et de même que son format, son édition chez Actu-SF est un doux mélange assez réussi entre le format poche et le format broché. On se retrouve alors avec un ouvrage plutôt beau et agréable à un prix relativement doux de 9€ pour environs 150 pages. George R. R. Martin, l'auteur du Volcryn ne m'est pas totalement inconnu grâce à sa saga du Trône de Fer que j'affectionne tout particulièrement. Une petite novella dans le thème du Space Opéra, voilà une bonne occasion d'en connaitre un peu plus sur cet auteur.
Jamais observée, jamais rencontrée, mais toujours présente, la race extraterrestre des Volcryn reste une énigme et est de ce faite rentrée dans les légendes. Karoly, un universitaire vieillissant de la cité d'Avalon espère faire le voyage de toute une vie en partant à la rencontre de cette race si énigmatique qu'il étudie sans relâche et qu'il pense enfin avoir localiser. Mais c'est à bord du seul cargo disponible l'Armagedon habituellement chargé de fret et commandé par l'étonnant Royd Eris qui refuse de se montrer et de sortir de sa cabine, que Karoly et son équipe vont embarquer. Cette petite troupe est composée d'une multitude de talents avec notamment Lasamer, un télépathe de classe un, donc du meilleurs niveau, chargé de rentré en contact avec les Volcryns. Très rapidement, Lasamer va sentir une menace très oppressante et c'est dans ce huit clos angoissant que la peur va commencer à s'installer et semer le doute et la paranoïa.
Le Volcryn confirme tout le bien que je pensais de George R. R. Martin. Le contexte de space-opéra est un très bon prétexte (ça marche aussi dans l'autre sens) à ce huit-clos anxiogène, on ne sait pas sur quels pieds danser, normale vu le manque de gravité me direz-vous. Par exemple, on ne s'attarde pas à connaitre le passé des personnages, on les prend comme ils sont et on regarde leurs interactions avec les autres membres d'équipages et leurs réactions faces aux avaries et problèmes présents. On ne s’ennuie pas, ça se lit vite, on passe un très bon moment et c'est bien ça le plus important.